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Rome : Le Cœur Battant de l'Église
Je me présente. Je m’appelle Moïse. J’ai 21 ans et je suis en 2e année pour l’archidiocèse de Papeete à Tahiti.
Pour moi, un des moments qui m’a le plus touché, fut le premier soir où nous sommes arrivés à l’hébergement de Rome. Nous avons profité d’un temps libre que nous avons eu après le dîner pour découvrir la place Saint-Pierre de Rome. Cette place, je n’y étais jamais allé avant, et pourtant elle a une importance particulière pour moi. Car mes parents se sont rencontrés à cet endroit lors du jubilé de l’an 2000. Et me voici, 25 ans plus tard, pour le jubilé de l’Espérance. Cela m’a donné un sentiment de nostalgie d’un moment que je n’ai pas vécu, mais qui fait pourtant partie de mon histoire. Cela m’a permis de voir comment le Christ a agi dans la vie de mes parents et continue d’agir dans ma vie aujourd’hui. Cela me rappelle le passage biblique où Dieu déclare : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. » (Ex 3, 6)
J’ai été impressionné par la grandeur de la place Saint-Pierre et j’ai ressenti la puissance du bâtiment massif de la basilique. J’ai aussi été ébloui par les statues éclairées autour de la place. Spirituellement, ce lieu m’a marqué, puisque j’ai ressenti le cœur battant de l’Église catholique, j’ai senti également l’universalité de l’Église en ce lieu. Rome a été pour moi un lieu de découverte passionnant où j’ai pu découvrir de nouveaux paysages, une nouvelle culture ; être présent dans des lieux qui ont marqué l’histoire de notre Église (les catacombes, le colosseum,…) et me rappelle l’héritage que j’ai reçu et qui continue à façonner notre monde. Ainsi, encore une fois, cela marque le passage de l’Exode chapitre 3, verset 6 : « Je suis le Dieu de ton père. »
Moïse Yumain, séminariste de 2e année

L'Alverne, Montagne des Stigmates :
Le 14 octobre, après Greccio la veille, nous sommes allés de nouveau nous perdre dans les montagnes italiennes, en Toscane. Arrivés en haut, nous avons atteint un sanctuaire, et pas n’importe lequel : celui de La Verna, ou du mont Alverne en français. Si un sanctuaire est planté là-haut, c’est bien qu’il s’y est passé quelque chose d’extraordinaire. En effet, en 1224, Saint François s’y retira pour y prier quarante jours, et le 14 septembre, un séraphin lui apparut et le marqua des stigmates du Christ. Huit cents ans plus tard, nous y voici !
Une fois arrivés, la règle était le silence, car des Franciscains y habitent. Là-haut, nous avons eu une heure de déambulation et de prière au sein du sanctuaire. Un calme paisible habitait les lieux, ce qui favorisa le recueillement. Je pense que ce calme était indispensable après le bruit de Rome. Le sanctuaire était par ailleurs un vrai dédale, nous menant à l’intérieur puis dehors ou à flanc de montagne, pour enfin arriver là d’où l’on vient.
Parmi les endroits marquants du lieu, il y a évidemment la chapelle où Saint François a reçu les stigmates. Même si la chapelle ne date pas de l’époque, il reste encore la dalle sur laquelle François était à genoux lorsqu’il les a reçus. Ce lieu témoigne de l’amour que François portait, jusqu’à recevoir les plaies de la Passion.
Deuxième lieu marquant (et mon préféré), la grotte où Saint François se reposait : elle est presque intacte. Pour y aller, il fallait faire attention à ouvrir une petite porte en bois qui donnait sur un écrin de verdure, et, juste à flanc de montagne, une cavité s’enfonce. Avec un escalier usé, on est obligé de se baisser pour passer et arriver enfin. Ici, un silence tel que j’avais l’impression d’entendre mon cœur battre. La simplicité du lieu est très frappante : une simple pierre en guise de lit, la lumière du soleil qui rentre en se réfléchissant contre les parois, et c’est tout. La seule impression que j’avais, avec le silence « assourdissant », était la présence de Dieu qui comble tout le reste, car « Dieu seul suffit », comme l’a dit Sainte Thérèse d’Ávila.
Gabriel Brosset, séminariste de 2e année

Assise : L'Éloge de la Simplicité
Je m’appelle Jérémie, j’ai 29 ans et je suis séminariste en 2e année au séminaire Notre-Dame de l’Espérance à Orléans. Avant d’entrer au séminaire, j’ai exercé plusieurs métiers : apprentissage en boulangerie, poseur de réseaux câblés, contrat administratif à la préfecture, puis un début de formation en carrelage. Pendant toutes ces années, l’appel du Seigneur ne m’a jamais quitté : signes dans la prière, paroles justes, rencontres providentielles dans l’Église. Après tous ces signes, je suis entré en propédeutique puis au séminaire.
Du 10 au 17 octobre, pèlerinage du séminaire : Rome d’abord, puis trois jours à Assise. Ces trois jours ont été riches en grâces de la part du Seigneur. Un moment particulièrement fort : la basilique Saint-François. Les frères ont exceptionnellement fermé les visites pour nous permettre de célébrer la messe juste à côté du tombeau de saint François. Communier à quelques mètres du Poverello, dans cette crypte toute simple, a été une grâce formidable. Nous nous sommes rendus également à l’église Saint-Étienne, où repose Saint Carlo Acutis. Dès le seuil, une paix douce et puissante m'envahit. Voir ce jeune saint que j’aime tant, si proche de notre époque, m’a profondément marqué : la sainteté est possible aujourd’hui, dans la vie la plus ordinaire offerte au Seigneur. Notre parcours s’est poursuivi à San Damiano où le Seigneur a parlé à Saint François (« Va, répare ma maison »). J’ai prié longuement et je me suis laissé toucher profondément par Jésus Christ, en rejoignant l’appel de saint François.
Enfin, l’ascension jusqu’à l’Eremo delle Carceri. Chemin raide et difficile, parcouru dans la prière, avec courage et confiance, sur les pas mêmes de François. Arrivés aux grottes où il se retirait, nous avons vécu une prière simple et profonde, suivie d’une célébration eucharistique en plein air, seuls au milieu de la création.
Dans ce pèlerinage, une seule certitude : le Seigneur m’a rejoint, Il m’a parlé et m’a converti encore davantage. Je suis rentré à Orléans avec le désir de répondre comme François et comme Carlo : simplement, pauvrement, joyeusement. Merci, Saint François. Merci, Saint Carlo Acutis. Merci, Seigneur, de m’avoir attendu à Assise.
Jérémie Fusier, séminariste en 2e année

