Je m’appelle Martin. J’ai 29 ans (le temps passe vite) ! Je suis né à Orléans et j'ai grandi à Olivet jusqu’à l’obtention de mon bac. Petit dernier d’une fratrie de six, tombé dans la marmite de la foi étant petit, j’ai grandi animé par la certitude de l’existence de Dieu et vécu comme naturel le fait d’aller à la messe le dimanche et de me confesser régulièrement (y compris après mon départ de la maison). Je suis ensuite parti étudier les lettres et la science politique à Angers, pendant trois ans.

C’est dans le cadre de ma troisième année d’études, en janvier 2017, que je suis allé vivre une retraite en silence de cinq jours, sur les conseils de ma sœur, Marie-Astrid, au foyer de charité de la Flatière en face du Mont Blanc. En ce lieu, j’ai goûté à une joie immense à laquelle je n’avais jamais goûté auparavant au point d’avoir dit à ma mère en rentrant : « Je n’ai jamais été aussi heureux de ma vie ! » (et pourtant je n’étais pas spécialement malheureux). Je perçois cet événement comme le moment charnière de ma vie, m’ayant fait passer d’une vie chrétienne plutôt tiède (malgré la messe dominicale et la confession régulière) à une vie plus authentique de disciple de Jésus-Christ à travers la mise en place d’une vie d’oraison régulière. Fort de cette expérience spirituelle fondatrice, j’ai quitté Angers pour Paris afin d’y étudier l’histoire, ma première passion.
C’est à Paris, suite à l’intégration d’un groupe de prière animé par la communauté de l’Emmanuel et suite à une prière de remise de ma vie au Seigneur que je fis l’expérience, pour la première fois, en février 2018, d’être profondément attiré par la prêtrise en voyant le prêtre présider la célébration de l’Eucharistie et confesser les péchés. C’est suite à ce deuxième événement, que j’ai commencé à cheminer en vue de la prêtrise pour le diocèse d’Orléans, dont je suis issu, et pour la communauté de l’Emmanuel au sein de laquelle ce désir est né. Beaucoup d’autres expériences ont marqué mon parcours jusqu’à aujourd’hui.
Un des fruits de toutes mes années de formation est d’avoir pu développer une ouverture au monde. Cela m’a été donné par différents biais : notamment en étudiant à l’université à Paris, où la mixité sociale et culturelle était au rendez-vous, mais aussi en effectuant des apostolats dans les banlieues de Toulon et Marseille.
Mon ouverture au monde s’est aussi développée à travers des séjours plus ou moins longs à l’étranger : cinq jours à Dorsten en classe de 3ème au sein d’une famille allemande ; un mois à Melbourne l’année suivante au sein d’une famille australienne ; trois mois à Prague durant mes études supérieures dans une école partenaire à celle d’Angers ; une semaine à Londres dans le cadre de mon master d’histoire et de la production d’un mémoire sur la mission diplomatique d’un ambassadeur de Louis XIV à Londres ; un an à Namur en Belgique dans le cadre de l’année de discernement vocationnel ; et deux ans au Cambodge, enfin, de 2023 à 2025, dans le cadre d’une mission de volontariat international, effectuée en guise de stage inter-cycle, dans deux écoles salésiennes accueillant des étudiants issus de familles pauvres.
Toutes ces expériences m’ont marqué et façonné à leur manière, mais de toutes, c’est celle au Cambodge qui m’a le plus marqué. Là-bas, j’y ai découvert un peuple très attachant : par leur sourire, leur sens du partage (quand bien même ils ne possèdent presque rien), leur sens de l’accueil et de l’émerveillement (il n’est pas difficile d’entrer en relation avec des inconnus et baragouiner deux mots en cambodgien suffit à déclencher une grande banane et un rire amusé), leur sens du respect envers les anciens, et la beauté de leur culture façonnée par la danse et le chant dont ils sont très friands et pour lesquels ils sont très doués ! Bref, il est difficile de résumer en quelques lignes une expérience aussi riche, mais sachez au moins que pour la première fois dans ma vie, j’ai à plusieurs reprises pleuré à la lecture de leurs mots d’au-revoir et de remerciement tout plein d’amour ! Au Cambodge – pays de 20 000 catholiques sur 17 millions d’habitants – j’ai aussi davantage découvert l’universalité de l’Église au travers des nombreuses figures de missionnaires que l’Église locale compte : Indiens, Coréens, Vietnamiens, Philippins, Kenyans, Colombiens, Italiens, Néerlandais, Français et j’en passe…
Et de retour à Orléans, après onze ans d’absence, je suis très heureux d’y retrouver une communauté de séminaristes en provenance de régions très variées : de l’Île-Maurice, des Seychelles, d’Haïti, de Chine, du Vietnam, de Guadeloupe, de Polynésie, et de différents diocèses de France métropolitaine. Il est beau que, venant de cultures très diverses, nous partagions la même foi et la vivions ensemble. Plus encore, c’est peut-être une des clés de la nouvelle évangélisation que de le faire ainsi, animés par l’esprit de fraternité universelle !
