La Session d’Affectivité du 1er cycle



Lors de la session sur l’affectivité vécue au séminaire de Rennes avec les premières années des séminaires de l’Ouest, j’ai été profondément marqué par la qualité humaine et spirituelle de ce temps.

Ce fut d’abord un espace de parole vraie, simple et respectueux, où chacun pouvait accueillir son histoire personnelle et prendre conscience que le chemin vers la maturité affective fait pleinement partie de l’appel du Seigneur. Nous avons ainsi été invités à mieux comprendre notre développement affectif, enraciné dans notre corps, notre psychisme et toute notre croissance depuis l’adolescence jusqu’à l’âge adulte.

Parmi les nombreux apports de cette session, l’un de ceux qui m’a le plus touché est l’appel à quitter une vision parfois trop idéalisée de la vocation pour entrer dans quelque chose de plus incarnée, de plus réel. Cette prise de conscience m’aide à accueillir mes limites, mes fragilités et mes désirs non pas comme des obstacles, mais comme des lieux concrets où Dieu vient me rejoindre et me façonner. Comprendre que la vocation se vit dans la vérité de ce que je suis aujourd’hui, et non dans une image parfaite de ce que je voudrais être, est pour moi une étape importante de liberté intérieure.

La réflexion autour du « ça, du moi et du sur-moi » a également été très éclairante. Elle m’invite à reconnaître l’existence de mes pulsions et de mon énergie intérieure, à accepter la réalité avec ses frustrations et ses limites, et à intégrer progressivement des valeurs profondes qui orientent ma vie. Cette meilleure connaissance de moi-même apparaît comme un chemin nécessaire pour avancer vers une unité intérieure plus grande et pour vivre des relations plus justes, tant avec les autres qu’avec le Seigneur.

J’ai aussi retenu l’importance de savoir nommer ce que je ressens : joie, peine, peur ou tristesse. Mettre des mots sur ses sentiments permet de ne pas rester enfermé en soi-même, mais d’ouvrir son cœur à la relation et à l’accompagnement. Dans cette perspective, l’attention portée à une hygiène de vie équilibrée m’est apparue essentielle pour que l’affectivité ne devienne pas un lieu de dispersion, mais au contraire un espace de croissance et de liberté.

En relisant cette session, je rends grâce pour ce temps qui m’aide à avancer vers un célibat plus unifié et plus paisible. Je comprends davantage que ce chemin n’est pas un idéal abstrait, mais une manière concrète de donner ma vie, dans la vérité de mon humanité, soutenu par la grâce de Dieu et par la fraternité du séminaire. Cette expérience m’encourage à poursuivre la route avec confiance, certains que le Seigneur travaille patiemment mon cœur pour le rendre toujours plus disponible à son amour et au service de l’Église.

Par Lukas PIEDELIEVRE, 1ere année en philosophie pour le diocèse de Basse Terre et Pointe à Pitre (Guadeloupe)


Séminaire Saint-Yves, Rennes ©Diocèse de Rennes